Ce coup de vis sur les secrets d'affaires a pour but de mettre à l'abri les atouts industriels développés par les entreprises chinoises, face à la forte concurrence de leurs rivales américaines.
(illustration) ( CN-STR / - )
La Chine a durci cette semaine les règles encadrant les secrets d'affaires, en incluant notamment pour la première fois les données et les algorithmes, dans un contexte de forte rivalité sino-américaine dans les technologies. Le géant asiatique entend s'imposer comme un leader mondial dans le secteur technologique. Les entreprises chinoises ont investi ces dernières années des milliards d'euros dans la robotique ou encore l'intelligence artificielle (IA).
Le régulateur chinois du marché a lancé le 1er juin une campagne d'un mois visant à "protéger les secrets d'affaires et préserver le développement industriel", a indiqué mardi l'agence de presse officielle Chine nouvelle. Cette opération se concentre sur des secteurs clés tels que la biomédecine, les circuits intégrés et l'IA, a-t-elle souligné.
Les employés appelés à la rigueur
L'une des missions consiste notamment à renforcer les enquêtes contre les individus qui changent d'emploi en emportant avec eux des secrets d'affaires et contre le "débauchage malveillant" venant d'entreprises concurrentes, selon l'agence.
La campagne a été lancée le même jour que l'entrée en vigueur d'un nouveau règlement sur la protection des secrets d'affaires. Ce texte inclut pour la première fois les "données" et les "algorithmes" dans le champ de la protection des secrets d'affaires, a souligné la télévision publique CCTV , des éléments devenus essentiels aux entreprises technologiques. Le règlement prévoit également que les employés quittant une entreprise devront "déclarer, restituer, effacer et détruire les secrets d'affaires et leurs supports auxquels ils ont eu accès" , indique le nouveau règlement.
Les composants de pointe permettant d'entraîner et d'alimenter les systèmes d'intelligence artificielle sont un enjeu crucial et hautement sensible dans la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine.
La Maison-Blanche a accusé en avril des entités chinoises de mener des campagnes "à l'échelle industrielle" pour copier clandestinement les modèles d'intelligence artificielle américains, ce que Pékin dément.
De leur côté, les autorités chinoises ont bloqué l'offre de 2 milliards de dollars du géant américain Meta pour racheter Manus, un agent d'IA créé par une société fondée en Chine et désormais basée à Singapour. Mais après le sommet le mois dernier à Pékin entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, les deux pays ont confirmé qu'ils continueraient à discuter de l'IA.
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